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Intervenants.

Philippe Albèra

Complexités musicales

Le terme de complexité est souvent utilisé vis-à-vis de la musique contemporaine, notamment pour témoigner des difficultés qu'il y a en saisir le sens. Il est en grande partie lié au fait que l'idée d'une construction unitaire, orientée vers une finalité et perceptible à l'intérieur d'une perspective unique, a été remplacée par celle d'une construction multipolaire, se (re)définissant elle-même en permanence et offrant une multiplicité de lectures possibles. À l'ancienne polyphonie qui croisait des voix indépendantes à partir d'un principe de référence s'est substituée une composition de couches musicales tantôt homogènes, tantôt hétérogènes, mais qu'on ne peut réduire à un même dénominateur commun.
En savoir plus : Interludes musicologiques du symposium

Phillipe Albèra est né en 1952 à Genève. Études de musique au Conservatoire de Genève et de musicologie à Paris VIII. Journalisme à Paris et Genève. Collaborateur à France-Culture. Crée Contrechamps en 1977, puis l'Ensemble Contrechamps (1980), la Revue Contrechamps (1983) et les Éditions Contrechamps (1991), dont il est le directeur artistique. Coordinateur artistique à la Salle Patino à Genève (salle d'art contemporain) entre 1984 et 1998. Crée le festival Archipel en 1992. Conseiller artistique au Festival d'Automne à Paris à partir de 1990, et à l'Orchestre de la Suisse Romande durant le mandat d'Armin Jordan. Professeur d'histoire de la musique et d'analyse au Conservatoire de Lausanne, d'esthétique et analyse de la musique du XXe siècle au Conservatoire de Genève. Nombreux articles dans différentes revues comme Dissonance notamment, textes dans des encyclopédies (Metzler, Einaudi), ouvrage sur Schoenberg publié à l'Ircam, et nombreuses conférences à Genève, Lausanne, Paris, Lyon, etc. Édition de nombreux textes inédits en français, et d'entretiens avec des compositeurs et interprètes. Publication d'un recueil de textes, Le son et le sens, essais sur la musique de notre temps aux éditions Contrechamps en 2007.

Henri Atlan

Ancien chef du service de biophysique à l'hôpital de l'Hôtel Dieu, membre pendant dix-sept ans du Comité consultatif national d'éthique, Henri Atlan est l'un des pionniers des théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant. Soulevant les problèmes fondamentaux touchant la vie et la science, savant et philosophe, s'inspirant de Spinoza, Henri Atlan met en regard la science, les textes bibliques, mythologiques, talmudiques, la philosophie... Révélant une réflexion profonde et originale sur la nature complexe des relations entre la science et l'éthique, sa pensée interroge la compatibilité entre la pensée scientifique, tout entière tournée vers les déterminismes, et la compréhension des complexités, source continue d'indéterminisme. Elle contribue grandement à éclairer les questions de société que soulèvent le clonage, les découvertes récentes sur les prions, ou la biologie du développement.

Auteur de nombreux travaux en biologie cellulaire, en philosophie et éthique de la biologie, Henri Atlan partage son temps entre Paris et Jérusalem. Il participe à ce symposium à travers un entretien filmé avec Frank Madlener, Andrew Gerzso, Gérard Assayag réalisé à l'Ircam le 20 mai 2009.

Emmanuel Bigand

Comment les auditeurs composent-ils avec la complexité musicale ?

Dans cette présentation, je parlerai des recherches récentes sur l'apprentissage implicite en montrant comment les processus d'apprentissage implicite permettent aux humains de composer avec des structures environnementales d'une considérable complexité. La seconde partie de la présentation touchera au cas de la musique et en particulier de la musique contemporaine.

Emmanuel Bigand est directeur de l'UMR CNRS sur l'apprentissage et le développement (LEAD) et est membre de l'institut universitaire de France. Il est spécialiste de psychologie cognitive de la musique et s'est plus précisément intéressé aux processus d'apprentissage implicite de la musique occidentale tonale et non tonale. Il a codirigé avec B. Lortat-Jacob un programme de recherche interdisciplinaire sur musique, cognition et société, et il coordonne actuellement un programme européen EBRAMUS sur musique, cerveau et santé. Site internet

Jean-Pierre Boon

Temps, Musique, Complexité

Il existe une consonance entre le phénomène musical et certains problèmes de la science d'aujourd'hui. Tant en musique qu'en physique, le temps joue un rôle fondamental en relation avec les concepts de déterminisme et d'imprévisibilité. Si le rapport temps-musique est évident, le rapport temps-complexité ne s'explique que par la définition formelle de la notion de complexité. Une fois ce rapport établi, il s'ensuit que la mesure de l'évolution temporelle d'une séquence musicale donne une mesure de la complexité dynamique de la musique. La reconnaissance du parallélisme entre phénomène musical et phénomène complexe ouvre une voie d'approche de la structure dynamique de la musique avec les outils de la physique et des mathématiques comme le montre une analyse des musiques du 17e au 20e siècle. Par ailleurs, l'idée d'un accroissement de la complexité dans l'écriture musicale parallèlement à l'évolution de la musique classique ne semble fondée sur aucune évidence.

Jean-Pierre Boon est directeur de recherches honoraire (FNRS) et professeur à l'Université de Bruxelles. Ses activités de recherches s'inscrivent dans le cadre de la physique statistique et portent plus particulièrement sur les automates cellulaires et l'hydrodynamique statistique. Il est l'auteur, avec Jean-Pierre Rivet, du livre Lattice Gas Hydrodynamics (Cambridge UP, 2001; pbk 2005), avec Sidney Yip, du livre Molecular Hydrodynamics (Mc GrawHill, 1980 ; Dover, 1991) et, avec Adolphe Nysenolc, du volume Redécouvrir le Temps (Éditions de l'Université de Bruxelles, 1988). Site internet

Paul Bourgine

Au bord du chaos : de la physique à l'art

Le "bord du chaos" est souvent évoqué pour caractériser beaucoup de phénomènes de la physique à la sociologie et aux arts. Dans le monde physique, on considère que la turbulence - qui est d'ailleurs encore inexpliquée aujourd'hui - est au bord du chaos. La vie l'est aussi, entre le cristal et la fumée. Une manière importante de comprendre le sens de la frontière du chaos vient de la théorie des systèmes dynamiques. Après une présentation rapide de la théorie, les exemples mentionnés ci-dessus seront revisités avec d'autres dans les domaine cognitif, social et, enfin, des arts.

Paul Bourgine est directeur du CREA-École polytechnique et du Réseau national français des systèmes complexes. Doctorat en économie et sciences cognitives. Ses centres d'intérêt scientifique tournent autour des questions génériques transversales aux systèmes adaptifs complexes et aux grands réseaux interactifs, comme la reconstruction de dynamiques multiéchelle, l'universalisation de comportements collectifs, la robustesse et la résilience. Il travaille sur les réseaux génétiques et l'embryogenèse, les réseaux neuronaux, les réseaux sociaux et la cognition sociale, l'apprentissage et la dynamique co-évolutionniste. Il a été impliqué dans l'émergence de champs disciplinaires comme l'économie cognitive, la vie artificielle ou les sciences des systèmes complexes.

Renaud Camus

L'œuvre multiple et polyvalente de Renaud Camus traverse depuis 1975 tous les genres littéraires : élégies, chroniques, romans, éloges, répertoires, topographies, récits, miscellanées, manuels, écrits politiques, sans oublier les vingt volumes de son célèbre Journal. Sans oublier non plus l'églogue qui, depuis les premiers livres - Passage en 1975 (Flammarion), Échange (avec son hétéronyme Denis Duparc) l'année suivante, Travers (avec un autre hétéronyme Tony Duvert), jusqu'à L'Amour l'Automne (Travers III) (POL, 2007) – illustre peut-être le mieux la complexité d'une entreprise. Son site Vaisseaux brûlés est l'une des toutes premières exploitations littéraires des voies et moyens de l'hypertexte. Site internet

Grégoire Carpentier

Questions de complexité dans l'orchestration musicale assistée par ordinateur

De toutes les composantes de l'écriture musicale, l'orchestration est longtemps demeurée une activité empirique, soustraite aux formalismes et peu abordée par l'informatique musicale. Les relations complexes entre les variables symboliques de l'écriture et les propriétés perceptives des mélanges instrumentaux sont, d'après nous, la cause principale de cette lacune. Nous montrons que la complexité de ces rapports se décline selon plusieurs axes (combinatoire, perceptif, temporel) et proposons un cadre théorique original pour traiter le problème de l'orchestration dans sa richesse. Nous présentons une série d'exemples d'application de nos travaux à des problèmes compositionnels concrets.

Grégoire Carpentier est chercheur dans l'équipe Représentations musicales de l'Ircam. Son travail porte sur la conception et le développement d'environnements d'aide à la composition qui capturent les relations complexes entre le son et les données symboliques inhérentes à la création musicale. Il a travaillé récemment sur un système innovant d'aide à l'orchestration qui permet d'imiter, à l'aide des instruments de l'orchestre, des cibles timbrales définies par le musicien. Site internet

John L. Casti

Forme artistique et complexité

Cette présentation explore la question : « l'art 'de qualité' est-il complexe ? » On commencera par expliquer la théorie de Chaitin-Kolmogorov sur la complexité algorithmique, puis on donnera une définition d'une mesure subjective de la complexité et de la « qualité » pour quelques œuvres d'art abstrait. Les comparaisons et les rapports entre ces notions seront ensuite soumis à une enquête empirique pour conclure d'une façon générale que ce que les gens perçoivent comme "bon" a tendance à être plus complexe que ce qu'ils voient comme moins "bon".

John Casti a reçu son Ph.D. (doctorat) en mathématiques à l'Université de Californie du Sud en 1970. Il a travaillé pour la Société RAND (Santa Monica, CA) et les Universités de l'Arizona, NYU et Princeton, avant de devenir l'un des premiers chercheurs à l'Institut international pour l'analyse de systèmes appliquée (IIASA) à Vienne. En 1986, il est professeur à l'université technique (Vienne) dans le département Operations Research and System Theory. Il est également membre de la faculté externe de Santa Fe Institut (Nouveau Mexique, États-Unis) où il a travaillé sur les métaphores biologiques appliquées à la modélisation mathématique de problèmes en économie, finance et réseaux de circulation routière, et également sur des simulations informatiques à grande échelle pour l'étude de tels systèmes. John L. Casti a publié huit monographies techniques dans le domaine de la théorie des systèmes et des modèles mathématiques, ainsi que onze volumes de vulgarisation, dont le livre : Paradigms Lost, Complexificaton, Would-Be Worlds and the Cambridge Quintet. Site internet

Marc Chemillier

Approches de la complexité dans les arts de tradition orale : les "mathématiques naturelles"

Les mathématiques naturelles sont celles qui apparaissent dans certaines structures déployées dans des activités de sociétés traditionnelles comme les arts visuels ou la musique. Il apparaît que de telles structures parfois très complexes peuvent germer même en dehors de l'usage de l'écriture. La principale difficulté pour les étudier est d'établir un lien entre ces structures formelles, analysées "en laboratoire", et les représentations mentales des personnes concernées, telles qu'on peut les observer sur le terrain. Nous décrirons ces difficultés dans différents domaines artistiques.

Directeur d'études au Centre d'analyse et de mathématique sociales de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris), Marc Chemillier travaille à la croisée de l'informatique théorique, de l'anthropologie et de la musique. Son intérêt se porte sur la modélisation de savoirs relevant de l'oralité telle que la divination (à Madagascar) ou les musiques traditionnelles (en Afrique centrale). Ses recherches récentes traitent de la simulation informatique de l'improvisation. Il a publié en 2007 un livre intitulé Les Mathématiques naturelles (Paris, Odile Jacob). Site internet

Claro & Mario Caroli

Né en 1962, Claro est écrivain et auteur de traductions. Il a publié huit fictions dont le récent Madman Bovary (Vetticales) et a contribué à faire lire et découvrir de nombreux écrivains de langue anglaise parmi les plus innovants (William T. Vollmann, Thomas Pynchon, William Gass, John Barth, Mark Z. Danielewski...). Il codirige la collection Lot 49 (fiction américaine) aux Éditions Le Cherche Midi. Pour lui il ne s'agit jamais « de traduire de l'anglais, mais de traduire un texte, et, au-delà, une vie. »

Flûtiste italien né en 1974, Mario Caroli a étudié avec Annamaria Morini et Manuela Wiesler. Titulaire d'un doctorat en Philosophie, il remporte à l'âge de vingt-deux ans le prix "Kranichstein" à Darmstadt et entame une brillante carrière internationale de flûtiste soliste. D'un répertoire qui s'étend de Vivaldi à nos jours, sa discographie, riche d'une vingtaine de titres, est régulièrement saluée par la critique internationale. Mario Caroli enseigne dans les cycles de perfectionnement et de spécialisation du Conservatoire de Strasbourg.

Arshia Cont

Vers une complexité sans effort avec l'intelligence artificielle

La cognition musicale en temps réel et les interactions constituent des capacités « sans effort » chez les musiciens avertis et les auditeurs mais elles posent des défis intéressants pour l'intelligence artificielle en raison de la complexité naturelle des structures musicales. La présentation est motivée par une vue d'ensemble des défis actuels pour l'IA musicale, comme la coordination en temps réel de sources musicales, les modèles abstraits du temps pour les compositeurs, et la cognition des structures musicales par les auditeurs. Nous proposerons des solutions pour chaque problème complexe dans le cadre unique de la modélisation d'anticipation, un principe de design inspiré de la cognition, en nous basant sur l'utilisation d'apprentissage adaptatif, de structures dynamiques dans la modélisation et en essayant de produire des comportements complexes à partir d'une conception simple. Les problèmes présentés et leurs solutions se concentreront sur la représentation et le traitement de structures musicales dynamiques à l'aide de méthodes issues de la géométrie de l'information, sur la coordination et la synchronisation en temps réel dans les performances et la complexité des interactions en informatique musicale.

Originaire d'Iran, Arshia Cont est chercheur dans l'équipe Interactions musicales temps réel de l'Ircam. Son travail est centré sur l'intelligence artificielle, les systèmes complexes d'inspiration cognitive et la théorie de l'information appliqués à l'informatique musicale temps réel et la fouille de données musicales. Depuis 2007, A. Cont a également travaillé en tant que réalisateur en informatique musicale avec des compositeurs comme Marco Stroppa, Jonathan Harvey, Philippe Manoury et Pierre Boulez. Il s'est produit comme performer dans des œuvres avec électronique temps réel avec divers ensembles dans le monde entier. Depuis septembre 2008, A. Cont est chargé de la coordination des recherches scientifiques et musicales à l'Ircam. Site internet

Mark Z. Danielewski

Mark Z. Danielewski est né à New York en 1966. House of Leaves, récit proliférant aux multiples niveaux de narration, mobilise typographie, techniques cinématographiques et réflexion sur l'architecture et les labyrinthes pour tenter de (con)figurer avec des mots l'espace impossible d'une maison soudain plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Only Revolutions, épopée, histoire d'amour et road trip à contraintes (360 pages, 360 mots par page...), se lit à l'endroit et à l'envers en retournant constamment le volume. Traduits par Claro, ses ouvrages sont disponibles chez Denoël. Site internet

Carl Djerassi

Science en scène : la complexité primitive en action

Le magazine Nature en octobre 2008 a mentionné 42 définitions de la complexité dont « aucune n'englobe tout ce que l'on entend par ce mot ». En plus des significations très compliquées, sophistiquées et ambiguës du terme, explorées par la plupart des participants de ce symposium, il me semble tout aussi valable de considérer aussi l'aspect personnel et même anecdoctique, et non-théorique de la complexité. En tant que chimiste pendant presque cinquante ans qui a ensuite bifurqué via la fiction vers l'écriture théâtrale, avec un focus sur « la science dans le théâtre », je souhaite illustrer par plusieurs exemples théâtraux quelle complexité m'a personnellement touché quand j'ai utilisé la scène dans plus d'une douzaine de pays et de cultures pour faire passer de la science dans l'esprit du public.

Auteur, dramaturge et professeur honoraire de chimie à l'université de Stanford (USA), Carl Djerassi a reçu la Médaille nationale des sciences (pour la première synthèse d'un contraceptif stéroïdien oral) et la Médaille nationale de technologie. Membre de l'Académie nationale des Sciences et de nombreuses académies étrangères, il est également l'auteur de poésies, de nouvelles, d'autobiographies, de cinq romans et de huit pièces théâtrales. Il est le fondateur du Djerassi Resident Artists Program près de San Francisco (USA), qui a permis à ce jour des résidences et des studios pour plus de 1800 artistes dans les arts visuels, la littérature, la chorégraphie et la musique. Site internet

Geoffroy Drouin

Complexité et émergence en musique

L'objet de notre intervention sera d'évaluer la pertinence du concept d'émergence dans le champ musical. Après avoir tracé le contenu épistémologique de la notion dans le sillage de celui de la complexité, nous la confronterons à la réalité musicale, pour en évaluer la spécificité. Cette confrontation nous conduira à distinguer une émergence qui relève exclusivement des opérations de la perception, l'auditeur étant ici celui qui actualise le phénomène, et une émergence qui trouverait sa réalisation dans les opérations de l'écriture, qu'elle soit ou non vérifiée par la perception auditive. Par les différentes contradictions qu'elle révèle, l'émergence pourra alors nous apparaître comme une notion clé dans la composition musicale, témoignant d'un moment singulier de l'écriture, et constitutive d'une nouvelle modalité dans le traditionnel rapport perception/écriture.

Compositeur français né en 1970, Geoffroy Drouin suit dans sa formation un parcours classique : études au CNSM de Paris, où il travaille avec Gérard Grisey, Marco Stroppa et Marc-André Dalbavie ; puis s'enchaînent un passage à Royaumont où il bénéficie du soutien de Brian Ferneyhough et de Jonathan Harvey, avant d'intégrer le cursus de composition et d'informatique de l'Ircam en 2002. Il noue là-bas des amitiés musicales multiples, et se voit proposer une collaboration avec l'institut en tant que compositeur en recherche sur un projet d'aide à l'orchestration. Le Centre Pompidou lui consacre par ailleurs un atelier-répertoire pour sa pièce Crispy Grain, réalisée pendant son cursus à l'Ircam. Enfin, parallèlement à son activité de compositeur, il engage un travail de recherche et de réflexion sur l'écriture, dans le cadre d'un doctorat au sein de l'École des hautes études en sciences sociales. C'est l'occasion pour lui de confronter ses problématiques musicales avec celles de ses contemporains issus d'autres horizons d'activités (science, philosophie), partageant avec eux la conviction d'une actualité contemporaine de la pensée. Il participe ainsi à de nombreux colloques, et prend en 2008 la co-responsabilité d'un nouveau cycle de séminaires de composition dans le cadre des Samedis d'Entretemps à l'Ircam. Ses œuvres sont jouées en France comme à l'étranger, et font l'objet de nombreuses commandes institutionnelles (État, festival, radio, etc.). Site internet

Shlomo Dubnov

Opera of Meaning : lier l'espace, le public et la performance

D'une situation d'étude dans le Talmud à une installation impliquant l'improvisation par ordinateur et un hyper-film, je présenterai un système pour une performance participative dirigée encourageant l'intervention du public et le back-channeling. Dans mon intervention, je discuterai la façon dont la lecture non linéaire d'un texte et la déconstruction de l'intrigue dans le cadre d'une architecture informatique peuvent contribuer à distiller le réseau complexe de significations et d'impressions cachées dans une histoire.

Shlomo Dubnov est professeur associé en technologie musicale à l'Université de Californie à San Diego. Auparavant, il a été chercheur à l'Ircam et à l'Université Ben-Gurion en Israël. Il a obtenu un doctorat en informatique à la Hebrew University et une licence en composition à la Rubin Music Academy à Jérusalem. Il a participé à de nombreuses recherches artistiques et à des projets novateurs en art numérique. Il est l'auteur et le réalisateur de Kamza and Bar Kamza, une performance participative créée en utilisant la méthode issue de la technologie « Opera of Meaning ». Il vient de coéditer The Structure of Style: Algorithmic Approaches to Understanding Manner and Meaning, chez Springer. Site internet

Jean-Pierre Dupuy

Le temps et Vertigo

Une narration comme celle du Vertigo d'Alfred Hitchcock (1958) est l'illustration d'une structure qui a été nommée "artefact auto-englobant". La forme abstraite qui lui correspond est la signature de ce que Francisco Varela appelait un système complexe autonome. La temporalité associée est une boucle où le passé et futur se déterminent mutuellement. Il sera montré que loin d'être un vain exercice formel, ces figures représentent des caractéristiques fondamentales de l'existence humaine.

Jean-Pierre Dupuy est professeur de philosophie sociale et politique à l'École Polytechnique, Paris (Emerite), et à Stanford University en Californie. Il est membre de l'Académie française de technologie et directeur de Research of Imitatio Inc., une nouvelle fondation dévolue à la discussion et la dissémination de la théorie mimétique de René Girard. Son travail le plus récent a porté sur le thème des catastrophes. Il est auteur ou éditeur de 39 livres et de centaines d'articles.

Andrée Ehresmann & Jean Paul Vanbremeersch

Comment modéliser la complexité et l'émergence en art ?

Nous essaierons de montrer comment l'émergence d'une œuvre d'art est l'expression d'une dynamique se développant dans un système hiérarchique de complexité croissante à multiples temporalités. Notamment, dans le cadre de notre modèle mathématique « les systèmes évolutifs à mémoire », nous analysons l'existence d'objets multiformes (à « double lecture ») émergeant dans le système sociétal d'un « monde artistique »; il pourrait s'agir de courants artistiques, issus de mouvements de pensée, de mouvements sociaux, culturels, scientifiques, technologiques. Ces objets s'intègrent dans le noyau archétypal d'un « artiste », agent individuel au niveau sociétal. Là, ils se comportent comme un objet encore plus complexe mais local, fruit de la résonance/confrontation entre agent/catégorie (artiste/sociétal). Celui-ci « mûrit » grâce aux boucles archétypales auto-entretenues, résonant par intégration locale dans le réseau des mémoires épisodique, sémantique et procédurale de l'artiste. Finalement, l'expression artistique ressurgira au niveau sociétal, et nous montrons comment cette production est bien une complexification émergente des stimuli sociétaux initiaux via le média représenté par l'artiste.

Andrée C. Ehresmann est professeur émérite à l'Université de Picardie-Jules Verne, et Directeur du journal international "Cahiers de Topologie et Géométrie Différentielle Catégoriques". En 50 ans de recherche mathématique, elle a publié environ 100 articles de recherche sur l'analyse fonctionnelle et la théorie des catégories, et édité et commenté les 7 volumes de "Charles Ehresmann: Œuvres complètes et commentées".

Jean-Paul Vanbremeersch est médecin, avec une spécialité en gérontologie et exerce à la fois en tant que pratique libérale et médecin coordinateur d'une maison de retraite. Il recherche depuis longtemps les causes des réponses des organismes à la maladie et à la vieillesse. Site internet

Depuis 1984, ils ont ensemble développé le modèle "Systèmes Evolutifs à Mémoire" pour des systèmes naturels complexes tels que les systèmes biologiques, sociaux ou culturels, avec une application (modèle MENS) aux systèmes cognitifs. Ce modèle est basé sur la théorie des catégories ; en particulier il caractérise une propriété ("principe de multiplicité") à la base de l'émergence d'objets ou processus de complexité croissante. Leurs résultats sont présentés dans leur livre récent "Memory Evolutive Systems" (Elsevier), qui reprend et développe une trentaine d'articles de recherche. Site internet commun sur les MES

Brian Ferneyhough

Né en Angleterre en 1943, Brian Ferneyhough fait ses études musicales à la Birmingham School of Music puis à la Royal Academy of Music de Londres avant de partir travailler en 1968 à Amsterdam puis à Bâle. Il reçoit des distinctions notamment au concours Gaudeamus (1968-70). Ferneyhough enseigne et collabore avec de nombreuses institutions (1973-99) Musikhochschule de Freiburg-im-Breisgau, Royal Conservatoire The Hague, University of California de San Diego, avant d'obtenir un poste à Stanford University. Sa vocation pédagogique l'amène à enseigner dans des lieux différents, invités par les institutions et universités les plus prestigieuses du monde entier. En 2007, Brian Ferneyhough reçoit le prix Siemens. Site internet

Jean-Luc Hervé

Caresser le temps - l'écriture du temps musical chez Gérard Grisey

Le temps a toujours été une préoccupation majeure dans l'œuvre de Gérard Grisey. Dans la dernière œuvre du compositeur, Quatre chants pour franchir le seuil, l'écriture du temps musical atteint une complexité rare. Mais cette complexité est paradoxale puisqu'à première écoute la musique semble d'une très grande simplicité. Le projet du compositeur dans cette œuvre semble de travailler avec un matériau extrêmement simple pour laisser entendre à travers celui-ci la complexité du temps musical. Le rôle entre temps musical et matériau semble inversé : le temps n'est plus le cadre sur lequel s'appuie l'écriture musicale, mais le matériau musical simplifié à l'extrême devient le point d'appui pour composer les intimes mouvements du temps. La complexité du temps musical dans les Quatre chants pour franchir le seuil est de l'ordre du biologique. Dans cette œuvre, si la musique semble minérale le temps lui est vivant.

Jean-Luc Hervé est né en 1960. Il fait ses études au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris avec Gérard Grisey où il y obtient un premier prix de composition. Il est résident à la Villa Kujoyama de Kyoto en 2001 et séjourne à Berlin en 2003 comme artiste invité par le DAAD. Sa pièce pour orchestre Ciels a obtenu le prix Goffredo Petrassi. Son disque monographique enregistré par l'ensemble Sillages a reçu le coup de cœur de l'Académie Charles Cros. Il est professeur de composition et d'orchestration au conservatoire (CRR) de Boulogne-Billancourt. Site internet

Fabien Lévy

Complexités aperceptives, complexités grammatologiques et complexités hétéronomes en musique

Derrière la notion de complexité musicale se cachent de nombreuses définitions que l'on peut regrouper en deux catégories : les complexités grammatologiques, qui désignent la complexité de la pensée d'une écriture (par exemple, la complexité algorithmique d'un processus musical) et les complexités aperceptives, qui concernent les difficultés psychologiques ou culturelles de perception. De plus, le jugement esthétique peut être hétéronome, influencé par des causes externes (éthiques, sociologiques, économiques ou logiques). Nous tenterons de pointer les relations entre ces différentes complexités.

Fabien Lévy a étudié la composition avec Gérard Grisey au Conservatoire de Paris. Il a été pensionnaire de la Villa Medicis à Rome et du DAAD à Berlin. Ses œuvres, éditées chez Billaudot et Ricordi Allemagne, ont été jouées par l'Ensemble Itinéraire, l'Ensemble Modern ou l'Orchestre symphonique de la radio de Berlin. Il a reçu en 2004 le Förderpreis de la fondation Ernst von Siemens pour la musique. Il a été professeur au Conservatoire de Berlin et enseigne actuellement la composition à la Columbia University de New-York. Il vit à New York et Berlin. Site internet

Philippe Rahm

L'architecture comme météorologie

Néguentropie, violation de la symétrie de l'univers, théorie des structures dissipatives, les nouvelles connaissances scientifiques, produites au XXe siècle, renversent l'ordre des valeurs entre symétrie et asymétrie, équilibre et déséquilibre, vie et mort, beau et laid. Elles mettent littéralement en crise les raisons invoquées par Vitruve pour choisir comme critère de beauté en architecture, les notions de symétrie, d'équilibre ou d'homogénéité. Notre propos aujourd'hui est d'accepter pleinement ce nouveau champ esthétique, de fonder l'architecture sur un déséquilibre thermique et une asymétrie climatique et d'en explorer le potentiel plastique, formel, programmatique, écologique et esthétique ; penser l'espace comme une atmosphère asymétrique, déséquilibrée, avec ses pôles froids et ses équateurs tropicaux, ses pressions et ses dépressions, ses variations d'humidité et de lumière. L'architecture comme météorologie.

Né en 1967, Philippe Rahm est architecte diplômé de l'École Polytechnique de Lausanne en 1993. En 2008, il est l'un des vingt architectes internationaux sélectionnés pour la 11e Biennale d'architecture de Venise. Il a participé à un grand nombre d'expositions (SF-MOMA 2001, Centre Pompidou 2003, 2005 et 2007, Centre canadien d'architecture de Montréal, 2007, Manifesta 7, 2008) et a donné de nombreuses conférences sur son travail notamment à Princeton, Harvard ou UCLA. Il a été résident de la Villa Medicis à Rome en 2000. Il a été Diploma Unit Master à la AA School de Londres, professeur invité à l'Académie d'architecture de Mendrisio en Suisse, à l'EPFL de Lausanne. Site internet

Lisa Randall & Hèctor Parra

Hypermusic Prologue

Hypermusic Prologue, un opéra projectif en sept plans, résulte d'une collaboration unique entre science, musique et art. On explore la forme historique de l'opéra afin de générer une expression dramatique des idées et le processus créatif du XXIe siècle en incluant des développements dans la physique à hautes dimensions, et leurs parallèles en musique et en art plastique.

Dans cet opéra, le public, à partir de l'espace psychoacoustique tridimensionnel standard de la salle de concert, est amené à découvrir de nouvelles dimensions spatiales et acoustiques insoupçonnées. Les rythmes musicaux et vocaux, les hauteurs et mélodies (ainsi que des pratiques atypiques du jeu instrumental et la spatialisation électroacoustique) sont « sculptés » avec précision, en suivant des analogies structurelles avec des concepts physiques et des processus de modèles spatiaux temporels déformés. Dans ce processus, de nouveaux matériaux musicaux sont nés. Ils seront « unifiés » en tant que « matériau sonore hyper expressif » que nous retrouverons dans les moments dramatiques et hautement énergiques de l'intrigue de l'opéra. La musique elle-même, ainsi que la tension contrastée rythmiquement et émotionnelle des dialogues entre soprane et baryton, sont conçues pour déformer et modifier la perception du temps pour l'auditoire.

Cet opéra a permis de développer une recherche vers de nouvelles possibilités musicales et des formes de dramaturgie plus expressives. Nous avons tenté de trouver des rapports structurels esthétiques sonores, entre le plus abstrait des arts - la musique - et les modèles physiques issus des travaux de Lisa Randall et d'autres.

Lisa Randall est professeur de physique à l'université de Harvard où elle obtient son doctorat en 1987. Entre 1998 et 2001, elle enseigne au MIT (Cambridge) et à l'université de Princeton, avant de rejoindre Harvard en 2001. Ses recherches concernent la physique des particules et la cosmologie (inspirée de la théorie des cordes). Elles l'ont conduite à étudier la supersymétrie et plus récemment les extra-dimensions de l'espace. Elle est l'auteur de nombreux articles et participe à diverses émissions radiophoniques et télévisées. Son livre Warped Passages: Unraveling the Mysteries of the Universe's Hidden Dimensions a été élu l'un des cent meilleurs livres de l'année 2005 par le New York Times. En 2006, elle a reçu le prix Klopsteg de l'AAPT (Société américaine des professeurs de physique) et, en 2007, le prix Julius Lilienfeld de l'American Physical Society. Elle est membre de l'Académie nationale des sciences, de l'Académie américaine des arts et des sciences et de l'American Physical Society. Site internet

Né à Barcelone en 1976, Hèctor Parra enseigne la composition électroacoustique en Espagne, au Conservatoire supérieur de musique d'Aragon. Il est également compositeur en résidence à l'Ircam. Il étudie la composition avec Brian Ferneyhough et Jonathan Harvey, mais aussi avec Michael Jarrell à Genève, et obtient un master en sciences et technologie des arts à l'université de Paris-8. Il reçoit des commandes de nombreuses institutions, notamment de l'État français, du Centre Georges Pompidou, du ministère de la Culture espagnol et du gouvernement catalan, de l'Académie des Arts de Berlin et de la Westdeutsche Rundfunk. Ses œuvres ont été jouées par de nombreux orchestres et ensembles tels que l'Ensemble intercontemporain, Klangforum Wien, l'Ensemble Recherche, le Quatuor Arditti, Brussels Philharmonic. De nombreux prix lui ont été décernés : le "Tendencies Prize" par le journal espagnol El Mundo en 2009 ; le "Donald Aird Memorial Composition Prize of San Francisco" (États-Unis) et le "Impuls Graz Composition Prize" en 2007 ; en 2005, il reçoit à l'unanimité le prix Tremplin de l'Ircam et de l'Ensemble intercontemporain ; en 2002, il obtient le prix de composition du National Institute for Performing Arts and Music d'Espagne. En 2008, le label KAIROS édite un CD monographique que lui dédie l'Ensemble Recherche. Site internet

Raoul Ruiz

Raoul Ruiz, cinéaste d'origine chilienne, est l'auteur de plus d'une centaine de longs métrages. Un cinéma impur d'ombres et de digressions dans lequel « il ne s'agit plus de faire croire à ce que l'on montre mais de montrer comment on pratique l'illusion ». Ses films sont moins des films de fiction que des films sur la fiction. Proche d'univers littéraires qu'il a adaptés à l'écran (Kafka, Proust, Stevenson, Dürrenmatt...), il a lui-même écrit des essais où il expose une poétique, qui est aussi une politique, du cinéma, refusant le récit linéaire et la "théorie du conflit central", dominante dans le cinéma hollywoodien. Site internet

Richard Taylor

Expressionisme fractal - peindre les motifs complexes de la nature  

Les fractales sont des motifs qui se répètent à plusieurs échelles, produisant des formes d'une extraordinaire complexité visuelle. Ces motifs intriqués se trouvent partout dans la nature, depuis les nuages, les rivières et la foudre jusqu'à notre cerveau, nos vaisseaux sanguins et nos poumons ! Ils ont aussi joué un rôle rapidement croissant dans les arts et les sciences. En raison de leur impact croissant sur des cultures du monde entier et leur présence dans la nature, les fractales constituent une caractéristique centrale de nos expériences visuelles quotidiennes. La relation intime de l'humain avec ces modèles fascinants soulève une question simple et pourtant cruciale - l'exposition à ces structures complexes a-t-elle un impact positif sur notre condition mentale ? Dans cette présentation, j'explorerai certaines des propriétés fascinantes des fractales et me concentrerai ensuite sur un projet collaboratif « art et science » fondé sur les travaux d'artistes célèbres tels que Leonard de Vinci, Hokusai, Kandinsky, Pollock et Escher. Dans cette collaboration, les artistes, photographes et architectes utilisent « l'expressionnisme fractal »  pour réduire le niveau de stress des gens d'une façon nouvelle et dramaturgique.

Richard Taylor est professeur en physique, psychologie et art. Depuis l'obtention de son Ph.D. (doctorat) en 1988 (Nottingham, Royaume-Uni), il a publié plus de deux cents articles scientifiques et a travaillé aux États-Unis, Angleterre, Canada, Japon, Australie et Nouvelle-Zélande. De plus, il a suivi des cours de peinture aux Beaux-Arts de Manchester (Royaume-Uni) et a un master en théorie de l'art (Université du South Wales, Australie). R. Taylor a étudié les fractales et la théorie du chaos dans plusieurs champs de recherches scientifiques y compris la psychologie, la physiologie, la physique, la géographie, l'architecture et l'art. Son travail a été le sujet de documentaires télévisés et d'articles de presse grand public (par exemple, New-York Times et le Scientific American). Il donne régulièrement des cours dans le monde entier, et fait partie de diverses commissions telles que Nobel Foundation, the Royal Society et de galeries d'art nationales. Site internet

Lars von Trier

Né en 1956, diplômé de l'École danoise de cinéma en 1983, Lars von Trier est internationalement reconnu comme l'un des principaux acteurs de la renaissance du cinéma danois, notamment pour son rôle prédominant dans le collectif Dogme95. L'œuvre de Lars von Trier se situe entre avant-garde et réinterprétation du cinéma de genres. Après la trilogie européenne, il créé sa propre maison de production et de distribution de films : Zentropa Entertainments. La trilogie "Cœur d'or" lui confère une reconnaissance immense (Palme d'or à Cannes pour Dancer in the Dark). Après Dogville et Manderlay, premiers volets d'une trilogie américaine inachevée, son prochain film, Antichrist, sortira en juin.

Dmitri Tymoczko

Géométrie et musique

Dans cette présentation j'expliquerai comment traduire les concepts de base de la théorie musicale dans le langage de la géométrie contemporaine. Je montrerai que les musiciens abstraient communément cinq types de transformations musicales, les "transformations OPTIC", pour former des classes d'équivalence d'objets musicaux. Des exemples possibles sont "accord", "classe d'accord", "progression d'accords", "conduite de voix", et "classe de hauteur". Ces classes d'équivalence peuvent être représentées comme des points dans dans une famille d'espace quotients singuliers, ou orbifold : par exemple, les accords de deux notes "vivent" sur un ruban de Möbius dont les limites agissent comme un miroir, alors que les accords de quatre notes vivent sur un cône sur le plan projectif réel. Comprendre la structure de ces espaces peut nous aider à comprendre les contraintes générales sur le style musical, comme les pièces spécifiques. La présentation sera accessible aux non-musiciens et utilisera des modèles interactifs 3D permettant de voir et d'entendre la musique simultanément.

Dmitri Tymoczco est compositeur et théoricien de la musique. Il enseigne à l'université de Princeton. Il a reçu des bourses et résidences de la Guggenheim Foundation, Radcliffe Institute for Advanced Study, et l'American Academy of Arts and Letters. Il a écrit deux articles de théorie musicale publiés dans Science, le second avec Clifton Callender et Ian Quinn. Site internet

Denis Weaire & Wiebke Drenckhan

Simplicité locale et complexité globale - la physique des mousses

Suivez-nous dans le monde éblouissant des films de savon et des mousses où les principes fondamentaux de minimisation de l'énergie donnent forme aux films et bulles d'une manière intriquée. Ces phénomènes non seulement suscitent des vues scientifiques sur les conséquences du désir d'optimisation de la nature, mais aussi des modèles élégants pour l'architecture et la conception, par leur caractère à la fois efficace et esthétique. Laissez-nous agencer, pas à pas, une mousse, de son ingrédient fondamental - le film de savon - jusqu'à une complexité qui augmente progressivement ; en prenant le temps, ici et là d'observer comment les règles simples, locales d'équilibre créent des motifs complexes, et de voir comment l'art, la science, les mathématiques, la biologie et l'architecture se rencontrent naturellement à chaque niveau de complexité de ces structures de bulles.

Denis Weaire est Professeur émérite du School of Physics, Trinity College à Dublin. Il est toujours très actif dans la recherche. Il est vice-président de l'Institute of Physics et membre de la Royal Society. Ses centres d'intérêt scientifiques sont la physique des matériaux et la physique des mousses, ce qui l'a entraîné dans des aventures personnelles et artistiques variées. Site internet

Wiebke Drenchkan a fait son doctorat avec Denis Weaire ; elle est maintenant chercheuse CNRS au Laboratoire de Physique des solides d'Orsay, où elle continue son travail sur les structures de bulles. Elle a co-fondé en Irlande SEED art-sciences collaboration, une organisation dont le but est de rapprocher artistes et scientifiques autour de projets collaboratifs. Dans son temps libre elle travaille comme dessinatrice pour des revues comme Europhysics News ou German Physik Journal. Site internet